Célébrités à Saissac - ESPINASSE

Célébrités à Saissac

 

ESPINASSE
Par le Dr Jean MICHEL

 

Famille ROBERT

La famille De Robert est une dynastie de verriers, originaires du Bazadais Armagnac

Les Robert s'installent dans le val de Thoré

1646 Jean Robert, marchand âgé de 92 ans

1659 ils sont verriers à Arfons Laprade

1673 Robert Pierre consul moderne de Saissac 12eme liste des plus imposés

1692 Robert Pierre fils de Pierre Robert et de Marguerite Monez, fille du sieur  Monez bourgeois de Fontiers (Famille Monez d'Elbouy)

1697 Fours verriers en pleine activité ont Arfons.

1770 Pierre Robert marchand négociant est propriétaire de Picarel le Bas.

1789 Guillaume Charles Robert, bourgeois de Saissac, député du tiers état de Saissac à Carcassonne

Il sera député du Tarn au corps législatif, conseil des 500. Il est mort sous-préfet de Castelnaudary.

Il avait épousé Françoise Mahul, soeur de Françoise Bénazet

Il hérite de son oncle Jean Pierre Robert

Passeport, an IV Robert Guillaume représentant du peuple, avec Mahul Françoise son épouse et leurs enfants Françoise 18 ans et Augustin 15 domiciliés à Soreze (Tarn)

Salvaire domaine de Saissac appartient à Pierre Robert  il sera en 1850 propriété de Robert Espinasse.

 

Marie Robert fille de Pierre Robert bourgeois et de Guillelmette du Conquet épouse Espinasse Jean

de Castelnaudary, 1832 allant a Parthenay (Deux Sèvres) domiciliés à Saissac

Ils vont avoir 5 enfants

L'aîné sera receveur des finances a Parthenay

Le second Esprit Charles Marie sera général

Le troisième Robert résidera à Saissac après une carrière militaire, propriétaire de Salvaire

Une sœur épousera le docteur Frédéric Landes

Une autre fille sera religieuse visitandine à Toulouse. , en 1858 Picarel le bas appartenait à feue dame Louise Espinasse.

D'après ce document Marie Robert serait donc la fille de Pierre Robert et non de Guillaume Robert comme le note Mahul (Cartulaire Carcassonne Tome III  P 183)

 

Famille ESPINASSE

Esprit Charles Marie, deuxième fils naît à Castelnaudary le 2 avril 1815.Son père Jean  Marie Espinasse  était un bourgeois de la cité chaurienne. Sa mère vint s'établir à Saissac berceau de la famille Robert. Après des études à Carcassonne et au collège de Sorèze. Il rentre à l'école militaire de saint Cyr.

 

En Afrique

 Charles Espinasse est nommé sous-lieutenant au 47eme de ligne le 27 XI 1833. Il va faire plusieurs séjours en Algérie de 1835 à 1849.Il passe à la Légion le 2 XII 1837 et devient lieutenant le 27 IV 1838.A ce titre il prend part à l'expédition de Médéa. Il est ensuite capitaine aux tirailleurs. Il échoue à plusieurs reprises à l'école d'état-major

Après un séjour à Metz dans les chasseurs à pied, il retourne à la légion à Biskra où il est blessé 4 fois.

Il est alors nommé commandant de la place de Djidjelli.

En 1841 il est chef de bataillon aux zouaves et combat en grande Kabylie et dans les territoires des Ouled Naïls à Beni Abbès,  il aurait participé à 32 combats et reçu plusieurs blessures. La plus originale était une large cicatrice a la figure, joue gauche,  due à une morsure de son cheval. Sur son portrait, elle est cachée en partie car on ne voit bien que son profil droit.

Il était alors officier de la légion d'honneur et titulaire de plusieurs citations.

Il fait un court séjour en Italie envoyé par la République française écraser la République romaine et participe au siège de Rome où il attaque et prend le bastion No 8 sur le Janicule.

Il retourne à Alger et combat dans les Aurès. , puis il commande comme colonel le 4eme léger à Marseille

A 35 ans il est le plus jeune colonel de l'armée française.

 

Les manœuvres  du général

"C'était un homme d'ordre, sans convictions politiques, mais soucieux de sa carrière " Nous dit son biographe.

 Espinasse est très lié avec Saint Arnaud, tous deux ils sont de l'expédition de Kabylie organisée pour donner du galon aux hommes sûrs que l'on appela à Paris pour le coup d'état.

Espinasse est ainsi nommé colonel au 42ème de ligne à Paris et assure la garde de l'assemblée

Espinasse un rusé conspirateur. Après sa nomination Espinasse rend visite au général Le Flo, questeur de l’assemblée nationale, qui le reçoit fort aimablement (en fait Espinasse est venu inspecter le bâtiment) Le Flo lui explique avec précision la topographie des lieux, jusqu’au passage souterrain débouchant sur l’esplanade des Invalides, c’est à dire –sans le savoir- lui remettant en quelque sorte les clefs de la maison !

Reste le plus dur, les questeurs du Palais Bourbon. C’est le colonel Espinasse, sous la direction de Persigny qui s’en charge, en faisant déployer un détachement du 42e de ligne devant l’assemblée. En le voyant arriver, le capitaine Meunier, commandant le poste, comprend tout de suite de quoi il en retourne et se contente d’afficher ses sentiments républicains en brisant noblement son épée pour laisser à  la postérité le souvenir d’un homme qui n’aura pas trahi. Pas de résistance ? Espinasse se dirige vers l’appartement du colonel Niot, commandant militaire du palais, qui l’attend en chemise, le sabre à la main. On le désarme facilement et il se contente de dire « Vous faites bien colonel, car je vous l’aurais passée à travers le corps. Le rejoint son confrère Base, lui aussi en chemise, mais comme Ill est à moitié nu, on se moque de lui et on embarque les 2 hommes dans un fiacre .Ne reste que le troisième, le général Le Flot, qui, voyant pénétrer Espinasse dans sa chambre s’écrie «  Quoi ! Vous un vieux soldat vous consentiriez à vous rendre complice d’une trahison en portant la  main sur vos chefs ?

Allez n’opposer pas de résistance ; nous en avons aussi des généraux avocats et des avocats généraux.

Je vois, Louis Napoléon fait un coup d’état ? Eh bien il sera fusillé à Vincennes.

Le général Le Flo jeté à son tour dans un fiacre, le colonel Espinasse harangue alors sa troupe.

« Soldats ! Une conspiration tramée par plusieurs membres de l’assemblée avait pour but de s’emparer du pouvoir et de mettre à Vincennes le neveu de l’empereur Napoléon. Elle était sur le point d’éclater. Nous avons prévenu son explosion ; voulez-vous être commandés par des pékins ou par le neveu de l’Empereur, Un seul cri lui répond « Vive Louis Napoléon.

. Il inspecte aussitôt l'assemblée et le 2 au matin mobilise son régiment dans la rue devant sa fenêtre, il est secondé par les commissaires et de nombreux agents. Il se rend au Palis Bourbon, arrête les questeurs, consigne le président Dupin  et disperse les députés. C'est un entraîneur d'hommes a ses soldats il demande

"Voulez vous être commandés par des pékins ou par le neveu de l'Empereur?"

Espinasse dit le Larousse "Fut l'un des officiers prétoriens qui montrèrent le plus d'ardeur a violer la représentation nationale et à renverser la République"

Les 3 et 4 il bivouaque dans le quartier Saint Sulpice.

Il est aussitôt nommé aide de camp et général de brigade (Il refuse les étoiles par pudeur)

Ax lois de mars le colonel Espinasse, le général Canrobert et le conseiller d’Etat Quentin-Bauchart sont nommés commissaires extraordinaires pour réviser les cas trop sévères de condamnations. Espinasse se rend dans le sud-ouest et accorde 200 grâces.

En 1852 il accompagne Napoléon III et visite Carcassonne où ils sont reçus par le maire  Edouard Bosc  son concitoyen de Saissac. En janvier 1853 il vient à Castelnaudary. Lors de la  réception officielle Rous maire s'enorgueillit "Notre ville a vu naître le général Espinasse, ce proche compagnon de notre bien-aimé Napoléon III, dont le souci d'assurer la sûreté des biens et des personnes réconforte la population de notre ville ô combien attachée à l'ordre."

 

En Crimée

Il participe à l'expédition de Crimée avec Saint Arnaud, fait un déplorable séjour dans les marais de la Debrutscha, où  de nombreux soldat meurent victimes du choléra. Lui-même en est victime et doit rentrer en France. Mais sa robuste constitution lui permet de guérir et de participer aux prises de Malakoff et de Sébastopol. Il est alors général de brigade.

 

Ministre

Après l'attentat d'Orsini, Napoléon avait besoin d’un homme a poigne au ministère de l'intérieur. On appelle Espinasse  qui fit une nouvelle poignée de proscrits.

"La nomination d'un général et surtout du général Espinasse à de pareilles fonctions impressionna vivement l'opinion publique. On sentait que le despotisme impérial était arrivé à son apogée

C'est lui qui présente la fameuse loi dite de Sûreté générale."Il est temps que les bons se rassurent et que les méchants tremblent " Les méchants étant évidemment les opposants. Parmi ceux ci, Joseph Besse , maire républicain de Castelnaudary, élu en 1848, mais destitué quelques mois plus tard. Il fut arrêté, sous prétexte qu'il "est l'âme du parti démocratique à Castelnaudary et qu'il se mettrait à la tête d'un mouvement s'il avait lieu "simple procès d'intention car, depuis huit ans, Besse se tenait à l'écart de toute action politique. En raison de son mauvais état de santé, il, fut même soutenu par le préfet. En vain Espinasse se montra intraitable, comme il le fut pour 430 autres victimes de la répression condamnés pour la plupart à la déportation en Algérie.

 Cette action trop vive précède un renversement de tendance aboutissant à ce que l'on a nommé l'empire libéral. Il eut "Un rôle ingrat dont il se tira avec honneur" Roman d'Amat écrit lui "Le rôle qu'il avait joué dans le coup d'état du 2 décembre lui avait valu bien des haines dans les milieux libéraux, aussi a-t-on été injuste a son égard"

Le général retourne à ses soldats.

Il est nommé sénateur  et général de division.

 

 

En Italie La mort du général.

Retourné à ce qu'il préférait. Il commande une division durant la campagne d'Italie et participe a la bataille de Magenta où il trouve la mort. Sa fin est ainsi racontée par un officier des Zouaves.

"Un mouvement d'attaque est ordonné sur Magenta. La division Espinasse aborde les Autrichiens par leur gauche. La brigade Castagny marche en tête guidée par le brave Espinasse. Tout est culbuté sur son passage. A peine dans les rues de Magenta, le régiment reçoit de toutes les fenêtres, des murs crénelés, des ouvertures pratiquées à chaque étage des maisons une grêle de balles qui le décime. Espinasse dont la monture trébuche sur les cadavres, descend de cheval en disant à son officier d'ordonnance Froidefont et au général de Castagny "On ne tient pas sur ce sol mouvant, mettons pied à terre " presque aussitôt M. de Froidefond est atteint d'une balle au ventre. Il s'appuie contre le mur pour ne pas tomber. Le coup est parti d'une grande maison occupée par un détachement de chasseurs tyroliens. Cette maison empêche le passage de la colonne française "Il faut à tout prix s'en emparer, s'écrie Espinasse et bravant les balles qui sifflent autour de lui, il se précipite de ce côté en disant "

Allons mes zouaves, enfoncez cette porte " Les zouaves s'élancent à sa suite, ils ébranlent la porte qui résiste. Le général furieux frappe du pommeau de son épée la persienne d'une fenêtre du rez de chaussée. "Entrez, entrez par-là dit il encore. Un coup de feu part de la fenêtre même a laquelle il s'appuie, lui casse le bras, pénètre dans les reins et lui donne le coup de la mort. ; Le général reste un moment immobile puis son épée s'échappe de ses mains, il tombe et ne peut plus se relever.

"Pauvre Espinasse" dira Napoléon en apprenant sa mort. Le buste du général a été exécuté en marbre, pour le musée de Versailles, galerie des officiers généraux tués sur le champ de bataille.

On a vu au salon de 1861 un portrait en pied  de lui, grandeur naturelle, signé Jules Rigo, qui est détenu par sa veuve.

Il est enseveli au cimetière de Bordeaux

 

 

Espinasse et Saissac    

Le général dont le frère résidait à Saissac s'intéressa toujours à sa petite patrie.

1858 Il fait un don 100 francs à l'église

Une oriflamme ornée de la lettre N et donné par lui et est toujours visible au musée des vieux métiers.

Le conseil municipal lors de ses vœux a l'Empereur ne manque pas de mentionner "Compatriotes d'un général  etc. "

Le maire de Saissac en 1865 demandant un bureau de poste  ne manque pas de parler du village "Patrie du brave général Espinasse où réside sa famille pénétré de patriotisme pour son pays natal, comme aussi de l'influence favorable de cet établissement  a été surpris par une mort glorieuse, sans pouvoir réaliser le vœu que je forme aujourd'hui en évoquant son souvenir"

Les lettres du général étaient encore lues par les jeunes de la commune  dans sa demeure.

Une rue porte son nom..

 

Sa famille

Il avait épousé en 1853 Marie Festugieres, d'une famille considérable de Bordeaux. Une fille du général épouse le colonel de Dartein, ils résident au domaine du Fort à Saissac. Leur fille Inès épouse le comte de Montalembert.

Louis Napoléon Eugène Jules  Jean  son fils est né le 21 XII 1853 à Paris. Il entre lui aussi à Saint Cyr et fait l'école d'état major. Il sert en Algérie, Tunisie à nouveau en Algérie puis au Tonkin et en Chine.

Colonel au 3eme Zouave en 1903 il combat à Oudjda.
Général de brigade il participe à l'opération des Beni Snassen. Général de division en 1912 dirige le XV eme corps d'armée le 20 juin 1914. Il est limogé en 1914

Meurt à Paris le 7 mars 1939.

Mais ce sénateur avait une vie cachée. Une lettre récente nous a appris que ce coquin de général avait eu de Marie Marquet danseuse a l'opéra un fils qui naquit en 1857 à Périgueux et fut déposé aux enfants trouvés à l'hôpital de Périgueux et élevé par une famille de la région. Un certificat de naissance lui donne le nom de Pierre Espinasse.

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