chateau

Portraits de Saissagais - Valerie et Camille Chavernac


Valérie et Camille Chavernac

Lorsque l'on parlait du Barry d'Aut,
on pensait immédiatement à eux.

Camille, radio amateur,
faisait grésiller toutes les télévisions du quartier.
Valérie, elle, avec sa voix forte,
était entendue deux rues à la ronde.

V chavernac et mr 3

V chavernac et mr 3 1976

V chavernac et mr 2

Chav

V chavernac et mr 1

 

 

L'ancienne Mairie


ANCIENNE MAIRIE

 

L’hôtel de ville primitif se trouvait au coin de la place aux herbes. Il fût démoli, pour cause de ruine, ce qui permit d’agrandir la place.

Dès 1844 un projet de construction est prévu.

1853
A côté des halles il y avait 2 hôtels et cafés. Il s’y tenait foires et marchés. L’esplanade devant la halle servait à garer les charrettes des rouliers qui s’entendaient pour monter le raidillon (Ils attelaient leurs chevaux par 2 jusqu'à la pierre St Denis et revenaient chercher l’autre charrette)

1858 Inauguration de la halle.
Pour un loyer annuel de 10 et 100 f les véhicules et les machines à battre pourront stationner sous la halle. Ils devront toutefois être retirés lorsque la halle est demandée pour une cérémonie publique ou un bal.

1861 Le premier étage est aménagé en mairie.
On y loge le garde municipal. On y installe la justice de paix.

Les halles sont cimentées en 1933.
Elles servent de salle de bal, l’orchestre est juché en hauteur, sur un praticable en bois. Les couples tournent autour du pilier en bois qui soutient la voûte. Les mères assisses autour de la piste, sur des bancs en bois, surveillent attentivement les filles. Des idylles se nouent au milieu du ronron des orchestres « modernes »

Après quelques modifications intérieures, le conseil municipal décide la construction d’une nouvelle mairie plus fonctionnelle.

L’ancien bâtiment est consolidé, on supprime l’ancien pilier, on crée de nouvelles ouvertures, une belle salle des fêtes est inaugurée.

En haut la salle Lagarrigue et ses belles peintures est restaurée et une salle d’exposition est construite.

Armoiries

Halles 2

1981 refection ancienne mairie 2

1981 refection ancienne mairie 1

1981-refection-ancienne-mairie

Mairie 1

Photos ecole de Saissac - Année 1996

 

Photos ecole de Saissac - Années 1996


1996

 

 


La salle André Laguarrigue

La Salle André Laguarrigue

Lagarrigue 4

Lagarrigue 2

Lagarrigue 3

Lagarrigue 5

Lagarrigue 6

Lagarrigue 1

Inaug salle lagarigue

Exposition salle des Fêtes années 50 environ
Si quelqu'un peut nous en dire plus ...

Photos ecole de Saissac - Année 1995

 

Photos ecole de Saissac - Années 1995


1995

 

 


11 Novembre 1994


Il y a 20 ans !

11111994

-

La fontaine Injalbert à Saissac

La fontaine Injalbert à Saissac

11367 1 photo1 g

Fontaine Injalbert ainsi nommée à cause de la statue de la République, tête de Marianne en bronze,
sculptée par Injalbert (artiste biterrois internationalement connu,
qui fut grand prix de Rome et dont les œuvres se trouvent dans des villes du monde entier.)
et offerte à Saissac, par Dujardin Beaumetz, ministre des beaux-arts.
Elle est installée depuis le 1er septembre 1912 dans  le  jardin public.

Une fontaine en pierre, avec pyramide  à quatre faces, des masques de lions en bronze,
crachent l'eau par des tuyaux de cuivre, dans une fontaine circulaire en granit.

La fontaine en pierre et la colonne de  granit coûtent 1000 f 1932.

11367 1 photo3 g

11367 1 photo2 g

11367 1 photo6 g

11367 1 photo5 g

11367 1 photo4 g

Photos ecole de Saissac - Année 1994

 

Photos ecole de Saissac - Années 1994


1994

 

 


L'Horloge

L’HORLOGE

 

Autrefois placée sur la tour carrée de porte neuve, nommée tour de l’horloge dans certains documents.

1752 Celui qui fait sonner l’horloge perçoit 10 Livres par an.

1792 Mauvais état de l’horloge qui fait que certains arrivent avec plus d’une heure de retard. 

1792 A Dazon pour l’entretien de l’horloge 13 Livres.

Horloge

1880
Vote de 1800 francs pour l’acquisition d’une horloge

Placée le 31 mars 1880 par Mr Peghoux Horloger Mécanicien à Carcassonne.

 

Le beau mécanisme de l’horloge de Saissac

Les sonneurs de cloches tintaient les mâtines, au lever, l’angélus 3 tintements suivis de volées 3 fois par jour pour appeler  les croyants à la prière, carillonnaient pour la grand-messe, faisaient retentir le tocsin en cas d’incendie ou de danger ou égrenaient les tristes notes des glas, autant de coups que le défunt avait vécu d ‘années.

Le clocher a  aussi annoncé la fin des 2 guerres mondiales.

A Saissac c’était Crouzet dit Pousaco qui était sonneur, sacristain et chantre à l’église. C’était souvent sa femme qui sonnait les cloches, après avoir monté les raides marches de l’escalier du clocher. L’église a été sonorisée et c’est une horloge  mécanique qui assure les sonneries. Pendant longtemps elle fut réglée par Camille Chavernac.

1793 Il est requis de faire descendre 2 cloches et d’inviter les particuliers qui auront du cuivre à le porter au district. Saissac est d’une très grande étendue et si l’on ne conserve par les 2 grandes cloches, il est impossible que les citoyens ainsi équipés puissent entendre l’appel des offices divins, vu que notre église se trouve être foraine et le clocher enfoncé. On propose d’envoyer les deux autres cloches. On conserverait la grande cloche pour le tocsin d’alarme et celle qu’on sonne ordinairement pour la messe. Le 18 mai 1794 on fait transporter à Carcassonne les  3 cloches de Saissac.

Actuellement on trouve dans le clocher. 4 cloches.

Le mystère de la cloche disparue

Une autre cloche figurait à l’inventaire diocésain du 14 oct 1942. comme objet fendu et déposé. Cette cloche a disparu après la guerre.

Ses caractéristiques étaient Diamètre 51 Hauteur 0,52 cm Poids 80 kg Note Sol 4

J.M .J DOMINE JESU SUSCIPE SPIRITUUM MEUM A MORTE PERPETUA LIBERA NOS DOMINE Hoc TINTIN Pro AGONIZANTIBUS Cons D CROS R P SAISSAC D MARQUIER FUIT PATER LUSTRALI ET MATER D ESPINASSE 15 JUIN 1851 MARTIN FONDEUR A FOIX 

Le Christ en croix. Vierge aux pieds de la croix Ange

 1/ D 39,5  H 0,45 Inscription .

Esperou

1885. A la gloire de Dieu ; mon nom est AGNES ESPEROU qui m’a donnée à l’hospice de Saissac, l’an de J C 1882. Mon nom ANNE et verbum caro factum est. Sœur Philomène sup, Sœur Louise, sœur Marie, Sœur Elisabeth, Sœur Vincent. Marc Escande maire de Saissac.

 Escande maire en 1884 pendant un an)Décor Christ et Vierge . Dates 1882 en haut ; 1885 en bas. Cette cloche se trouvait au dessus de l’entrée de l’actuelle école de Saissac, autrefois pensionnat et ancien hospice .Le pensionnat de 1885 est dirigé par Sœur Philomène. Sœur Marie dirigeait l’ouvroir, 2 autres sœurs étaient enseignantes et la dernière cuisinière . Cette cloche a du être mise au clocher lors de la séparation de l’église et de l’état. Une demande d’établissement des sœurs de St Vincent de Paul a lieu en 1841 et il est précisé qu‘aucun établissement séculier n’existe sur la commune.

II/ D 0,58 H 0,60 m

Capture plein ecran 08072014 080355

IN OMNI TEMPORE A FULGORE  DOM BENEDICAM DOMINUM

     HOC TINTINABULUM PRO SATE TEMPESTATEM LIBERA NOS

     CONSECRAVIT CROS RECTOR PARROCHIAE ET INCOLUMITATE VIVORUM

     FUIT PATER LUSTRALIS ET MATER D DE GINESTE SAISSAC D ROUANET. 

     MARTIN fondeur  DIES  JUNII 1851   

  Décor croix et arabesque

III/ 1614  H 65 cm D 65 cm

  H S Stas MARIA/ BENEDICAM DOMINUM / IN OMNIA TEMPORE/ JEHAN ROBERT  PAUL CARRIERE   DENIS GLORIES   GUILLAUME BENAZET /CONSULES DE SAISSAC

Capture plein ecran 08072014 080426 Cette cloche provient peut être de l’église champêtre de Sainte Marie de Campras, confisquée comme bien national.
Ceci expliquerait le Sancta Maria gravé sur la cloche, qui était peut être restée à Campras lors de la réquisition des cloches de Saissac. 

IV/     D 1,18 H 1,10 m

Capture plein ecran 08072014 080502

     St MICHAEL ORA PRO NOBIS / CHRISTUS REGNAT/CHRISTUS VINCIT/ SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUS JESUS MARIA /  CROS RECTOR PARROCHIAE SAISSAC/  BESAUCELE   CAVAIRAC/ HOC TINTINABUMUM FUIT INSTAURATUM STUDIO ET OPERA /  N D AUGUSTINI

 D HUGUES FUIT PATER LUSTRALIS MATER D BOSC/ CONSECRAVIT LABATUT VIC GEN / ROUANET  DURAND  AZEMA  COURTADE / En bas    AN  1851 DIE  JULII/MARTIN FONDEUR A FOIX 

Capture plein ecran 08072014 080538    

  

 

Portraits de Saissagais - Pierre Almeida

Pierre Almeida

L'un des tout derniers
résidents de "La Poulerie" à Saissac, il s'installa ensuite avec son
épouse au "Barry d'Aut".

Il était une figure incontournable du terrain de boule où il se rendait tous
les jours avec sa bonne humeur coutumière.

P almeida a une fete du vin

Lors d'une Fête du vin

Boules 2A la pétanque

 

1980, Saissac village fleuri.

Saissac, village fleuri
1980

Depuis très longtemps Saissac participe activement au concours du « Village fleuri ».
Déjà le syndicat d’initiatives avait décerné des prix et Mr Jean Bergamelli
avait présenté un montage visuel des meilleures réalisations, MM Martin et Calvet prirent la suite
et Mr André Beguin pendant de nombreuses années anima ces réalisations florales.
Un premier prix départemental récompensa notre village.

Vilfle1MM Béguin, Séguy, Bibies et Ernst, lauréats du concours 1980

Vilfle2MM Fantin, Calvet, Martin, Fabre et Barbaste, membres du Jury

Vilfle3Une vue des participants

1980 m calvet

Photos ecole de Saissac - Année 1993

 

Photos ecole de Saissac - Années 1993


1993

 

 


Célébrités à Saissac - Maistre

Célébrités à Saissac

MAISTRE
Par le Dr Jean MICHEL

 

La famille Maistre s'installe à Saissac par le mariage de Jules Maistre de Villeneuvette avec Marie fille d'Edouard Bosc . Jules Maistre appartenait a une famille de drapiers qui possédait la manufacture de Villeneuvette depuis 1803. Ils eurent 5 enfants, Claire, Edouard, Euphémie, Casimir et Paul.

L’ancienne cité industrielle et autonome de Villeneuvette de Clermont fut fondée sous l’impulsion de Colbert en 1677.
Fontaines, aqueduc, canaux déversoirs en cascades, bassins rappellent le Roi-Soleil. Dont une petite place en carré porte le nom. Rien n’y manquait : l’église, l’auberge pour les inspecteurs des draps et les négociants de passage, la glacière sous sa coupole ; les habitations des contre-maîtres et commis dans la grand’rue, les logements rue Bert pour foulonner, tondeurs, pareurs, encoleurs et tisserands. La cité du travail grâce aux prés, vignes, oliviers et champs l’entourant se suffisait à elle-même.
Ce fut le dernier établissement de ce type à survivre, après une réussite qui dura jusqu’aux années 1950.

Maistre1

Paul Maistre va résider à Escourrou, il s'occupera aussi de la manufacture "Jules Maistre et fils" à Villeneuvette . Puis a la mort de Jules Maistre son père en 1909, il va avec son frère Casimir devenir gérant de la société "Les fils de Jules Maistre", transformée enfin en société "Maistre et Cie". Paul Maistre va tomber héroïquement à Verdun en 1916.

Casimir Maistre

Etait donc le petit fils d'Edouard Bosc .Il est très jeune passionné par les explorations et participe ainsi en 1889 avec le docteur Catat à l'exploration d'une partie inconnue de Madagascar cinq ans avant l'occupation de l'île par les troupes françaises.

Casimir Maistre effectue son premier voyage avec le Docteur Catat à Madagascar.
Le compte rendu de ce voyage paraît dans « Le Tour du Monde de 1893. Voyage qui dure de 1889 à 1891.

Maistre2

C'est alors que le comité de l'Afrique Française le choisit pour prendre le commandement de la mission Congo Niger , il a alors 23 ans , c'était en 1892.

Cette mission avait pour but de relier les établissements du Congo et ceux du Soudan. C'était l'époque où les anglais envisageaient d'établir une ligne de chemin de fer entre le Cap et le Caire et les français entre Dakar , Brazzaville et l'Abyssinie et Djibouti .D'où la fameuse affaire de Fachoda et du commandant Marchand qui faillit se terminer tragiquement . Une première mission confiée au colonel Crampel venait d'échouer et avait vu la mort de son chef.

Léon , Joseph, Casimir Maistre prend le départ de Brazzaville avec sous ses ordres 5 européens et une escorte de 60 sénégalais et 120 porteurs. Il va falloir deux ans a Casimir pour parcourir un itinéraire de 5000 Km dont plus de 2000 à pieds dans des régions totalement inconnues.

De l'Oubangui a Garoua grâce à de patientes négociations menées avec les chefs régionaux , il réussit à obtenir des accords d'amitié qui ratifiés par le gouvernement et le parlement nous assurent une primauté sur l'Angleterre et l'Allemagne .Ces droits sont reconnus par la convention de Berlin en 1894.

Ces droits obtenus par la mission Maistre permettent en 1908 un arrangement avec l'Allemagne qui moyennant la cession d'une partie des territoires obtenus par Maistre évite une guerre et nous laisse les mains libres au Maroc.

Les documents scientifiques rapportés par Maistre et ses compagnons (Géologie, astronomie, hydrographie, levée de plans etc. ) Utilisés par les géographes français et étrangers , les nombreux congrès et conférences , donnent à Casimir Maistre une réputation internationale et lui valent de nombreuses distinctions , dont la légion d'honneur à 25 ans qui lui est remise par le ministre Delcassé.

Maistre3

Maistre4

Carte
exécutée d’après les documents de Casimir Maitre

Partis de l’Oubangui,

poste de Kémo, passe chez les Ndris, échange de sang, en
guerre avec les Mandjas. Va chez les Arétous, puis chez les Saras,
dans les marais rencontre les musulmans du Baguirni. Passe chez les Toumoks
puis les Gaberis . Traversée du Logone. Séjour forcé chez les
Lakas, puis retour par la Bénoué, Yola, Ibi et le fleuve Niger.

Maistre5

La paix de Casimir
avec les Mandjias 1892

Maistre6

Attaque du camp par les Mandjas

Maistreville

Il décide en 1950 de revenir a ses souvenirs et note ses mémoires. Il a toujours été en relations d'amitié avec Brazza et Lyautey , ainsi qu'avec les académies de sciences coloniales. Dans sa maison de Montpellier où il se retire , il reste a l'écoute des événements , toujours aussi alerte d'esprit. En 1935 à l'initiative du général Malafosse (fils d'un contremaître de Villeneuvette) Casimir Maistre est nommé sur intervention de Lyautey officier de la légion d'honneur En 1937 le haut-commissaire Boisson inaugure à Garoua au Cameroum un monument rappelant la jonction des missions Maistre et Mizon venues à la rencontre l'une de l'autre .En 1947 un poste stratégique du Tchad est baptisé Maistreville par décret du gouvernement français .Le monument de Garoua a été détruit et seule une plaque de bronze a pu être sauvée grâce à la présence d'esprit de notre ambassadeur .Maistreville se nomme désormais Kelo et sert de dépôt aux "Médecins sans frontières"

Casimir est mort en 1956 à Paris renversé par un véhicule conduit par un noir.

Le drapeau tricolore qui porté par un tirailleur sénégalais a parcouru 5000 Km en tête de la colonne est rentré en France avec de très nombreux objets , armes, ivoires, bracelets et les carnets de notes journalières tachés et délavés par les bourrasques et le soleil. Ces notes ont permis au service géographique de l'armée de dresser une carte exacte de l'itinéraire Congo-Niger.

Ces souvenirs précieux sont toujours entre les mains des héritiers directs de Casimir Maistre.

 

Casimir Maistre directeur de la Manufacture

Et voici qu'en 1895 Casimir disparaît de la scène en pleine notoriété , il va désormais pour obéir aux ordres de son père se consacrer à la gestion des affaires familiales jusqu'en 1950 ou il reviendra à ses souvenirs .

Pour obéir a son père Jules Maistre-Bosc qui l'appelle a l'aide, Casimir abandonne sa vocation. Avec son frère Paul il devient a la mort de son père en 1909 gérant de la société "Les fils de Jules Maistre" transformé en société "Maistre & Cie "

Les deux guerres mondiales allaient étoffer une activité s'effilochant après 1902 ou l'on recensait 300 habitants .Jusqu'en 1939 on y tissa du drap pour la marine et jusqu'en 1943 pour les fantassins. Dès lors la marche devint de plus en plus claudiquante.

Casimir jusqu'en 1950 dirige la manufacture , aidé de son frère Paul (héroïquement tombé à Verdun en 1916) et de son neveu Jean Maistre lui aussi combattant gravement blessé .Casimir, aux qualités de meneur d'hommes, dirige pendant près d'un demi-siècle  (1909 1950) l'entreprise où l'on apprenait à lire , où l'on vivait et on mourait. On y partageait le travail, le gîte, les jardins, les distractions et les fêtes.

Une vie communautaire dans une étonnante abbaye ouvrière ayant élevé le travail en arc de triomphe au dessus de la lourde porte. Villeneuvette eût ses chapelles. Comme le veut le dicton "La laine est catholique, la soie protestante" les gens de messe étaient les plus nombreux. Mais ils y voisinaient en bonne intelligence avec les protestants hollandais ou du R P R (Religion prétendue réformée) . Et c'est là que naquit Pierre Jacques Astruc qui introduisit la franc-maçonnerie en Languedoc.

Photos ecole de Saissac - Année 1992

 

Photos ecole de Saissac - Années 1992

1992

1992 2

 

 


Bals à Saissac

Bals à Saissac

 

Fêtes et divertissements

Avant la guerre de 1939, pendant la belle saison, il ne se passe point de dimanche qu’on ne festoie, s’amuse et danse. Fêtes locales, patronales ou votives, l’été les pare de toute la rayonnante splendeur de ses journées radieuses et les embellit de la sereine profondeur de ses nuits de velours. Bals en plein vent d’où s’échappent les éclats de rire à pleine bouche, les polkas, le hoquet des canettes qu’on débouche, les gros verres trinquant sur les tables.
Et parmi les chocs des rires et des voix et du vent fugitif dans les ramilles vertes, le bourdonnement aigrelet des cornemuses enrubannées ou le bruissement acidulé de l’accordéon.
1 bal

Le triomphe de l’accordéon

Entre les deux guerres seuls les ménétriers qui ont opté pour l’accordéon diatonique obtiennent un sursis. Paul Bastie de la Colle de 1925 à 1937, Lisou Campanel de Saigne-Villemagne, Tartosal jouent à la demande de l’accordéon ou de la cornemuse.
« Une fois par semaine on se retrouvait dans une campagne où Louisou des Roques ou Paul de la Colle nous faisaient danser au son de leur accordéon. C’est là qu’on pouvait rencontrer des garçons. Quand une fille et un garçon se plaisaient, ce dernier se louait dans la métairie de la fille, pour la voir souvent, mais aussi pour montrer ses mérites et plaire aux parents. »

Pendant la guerre

Les bals étaient interdits, mais partout avaient lieu les « bals clandestins » toujours à la merci d’une dénonciation et d’une descente de la gendarmerie.
A Saissac les dansent avaient lieu chez « Lucien », un simple d’esprit qui habitait à l’actuelle maison de Louise Paule. Le plancher de la maison vibrait pendant les danses, faites au son d’un « pick up » ou d’un phonographe à manivelle.
On dansait au Colombier haut, à Bataillé, à Peyrolemal, à Saint Pierre où 30 à 40 couples se trémoussaient sur la branlante étable des vaches.
A Saigne-Villemagne, les Roques, c’était André Limousis de Bouriac, un cycliste réputé, qui amenait son « fono » sur le porte bagage de son vélo et animait les bals clandestins, au Moulin de Sempel l’on guinchait sur la route.

Musiciens

A Saissac, on garde le souvenir du jeune Tadiotto, accordéoniste de talent, qui disparut pris dans une rafle par les allemands, alors qu’il descendait en vélo à Carcassonne, son « tira buta » sur le dos, prendre des leçons d’accordéon.
Louisou Bousquet jouait dans les campagnes. Mais souvent c’étaient les « pick up » de Bastoul ou d’André Limousis qui animaient les bals. Rodriguez « Michel de la Bastide » à l’accordéon avec Séverin Antolin à la batterie chauffaient les valses, les marches et les javas.

Antolin 1

Après la libération et la Victoire

Les bals ont lieu sous la halle de Saissac, l’orchestre est juché en hauteur, sur un praticable en bois où il a tout juste la place de s’installer.
Les couples tournent autour du pilier en bois de la salle, pas encore dallée.
Les mères assises sur des bancs de bois placés autour de la piste, surveillent attentivement les jeunes filles. Des idylles se nouent au milieu du ronron des orchestres « modernes ».

« Passé Simple » de Jean Michel

Halles 1

Salle des fetes

Extérieur et Intérieur de l'ancienne salle des fêtes

Les Tours Nègres

Las Tours Negros

Diapo al tn2

Un écu, trois pistoles, c'est ce que vous devez acquitter pour le passage du gué reliant les deux versants de la rivière, pour vous, deux moutons et quatre dindes.

Voilà ce qu'on pouvait entendre un jour de l'année mille-cinq-cents et quelques entre le seigneur de Maupertuis, son valet «Moucofede» et l'abbé Regusse, moine de son état, dans une grande salle de ce château qui servait d'octroi entre les villages de St-Denis, Saissac et Valsiguier (Montolieu).

La tenue du seigneur vêtu de brocards et de soieries détonnait avec la robe de bure marron du moine et les haillons de son valet dans ce château à l'aspect austère, bâti avec le granit gris qui l'environnait. Une grande salle commune, un dortoir, une pièce faisant office de cuisine et une salle à manger où étaient entreposées quelques maigres victuailles, des couloirs mal éclairés, et une petite chapelle constituaient les seules pièces ; et le château était flanqué de quatre tours, dont une ronde qui était son donjon.

Donc ce château était destiné à percevoir les taxes pour toute marchandise, bétail et même voyageur passant le gué. Il était tenu par une confrérie de moines, un prieur et cinq moines, qui menaient une existence aussi véritablement monacale que monotone au gré des passages de personnes et de marchandises qui transitaient par cette route assez peu fréquentée.

Quelques marchands ambulants, quelques pèlerins allant faire dévotion à l'abbaye de Saint-Papoul, et quelques ménestrels allant chanter et danser dans les châteaux avoisinants, ou encore des montreurs d'ours qui allaient donner leur spectacle sur les places des villages.

Par une nuit de Noël, alors qu'il faisait un froid vif et que la neige commençait à tomber sur ce lieu inhospitalier, nos moines se préparaient à célébrer la messe de minuit. Ils avaient revêtu leurs belles aubes blanches, tenaient une torche à la main pour s'éclairer et se rendaient à la petite chapelle en entonnant quelques chants de Noël, lorsqu'un grand bruit retentit entre les murs et qu'ayant forcé la poterne une bande de malandrins armés de couteaux et de haches, après s'être emparé de quelques objets précieux et avoir récupéré les quelques écus et pistoles des droits de passage, se ruèrent sur les moines sans défense et les égorgèrent.

C'est ainsi qu'on les découvrit, dans leurs belles robes blanches toutes maculées de sang.

C'est alors que naquit la légende des «Escanats» (en français : égorgés). J'avais entendu raconter par de vieux chasseurs ou vieux bûcherons quelques étranges histoires de processions, de lueurs surnaturelles, de moines...mais sans jamais être convaincu par leurs récits, car les personnes qui narraient ces histoires avaient toujours été les seules à en témoigner.

021 20 400 400

On en parlait toujours à la veillée de Noël, anniversaire du soir où les malheureux moines avaient été égorgés.

Finalement trop intrigué par ces légendes, et après avoir longtemps réfléchi, je me décidai à aller me rendre compte par moi-même.

Une nuit de Noël, par un magnifique clair de lune et un petit froid vif qui rappelait qu'on était bien en plein hiver, je me mis en route pour ce lieu énigmatique.

Je traversai le village, paré de toutes les illuminations de Noël, dont les habitants s'apprêtaient à se rendre à la messe de minuit, pour réveillonner ensuite. Dans les maisons on entendait des cris d'enfants et des bruits de vaisselle, et de temps en temps, d'une fenêtre entrouverte s'échappaient des fumets de viande rôtie et de savantes sauces. Je sortis du village par le chemin de l'Isoule, franchis ce magnifique pont du Xlle siècle où le torrent faisait grand bruit, traversai une cour de ferme où toutes les lumières étaient allumées, toujours pour se préparer au réveillon. Je m'arrêtais de temps en temps pour me reposer et guetter tous ces bruits de la nuit, le glapissement d'un renard en chasse, le cri lugubre d'une chouette ou le grognement de quelque sanglier en train de fouailler dans un champ, en quête de vermine, ensuite, le silence, propre à la nuit.

120 shrinked

Après avoir pris le chemin du grand châtaigner j'arrivai enfin à destination. Par ce clair de lune, les tours, ou ce qu'il en reste, étaient bien visibles. Je franchis le gué et m'installai tant bien que mal au pied de la tour ronde. Je regardai ma montre : comme minuit était encore loin, mes paupières se firent lourdes et je m'assoupis.

Tout à coup, j'éprouve une espèce de crispation nerveuse, l'instinct du chasseur, comme si quelqu'un me regardait. Je me retourne et aperçois, se découpant dans le ciel, la silhouette du locataire des lieux, un magnifique grand-duc qui me regarde de ses grands yeux, l'air tout étonné de me voir là. Attendait-il lui aussi quelque chose ?

J'avais déjà eu affaire à ce rapace. En effet, au cours d'une partie de pêche dans ce coin, alors que j'escaladais un grand rocher pour continuer mon chemin, je glissai sur la mousse et dégringolai dans une faille, me retrouvant dans une sorte de grotte.

En recouvrant mes esprits, car j'avais eu très peur, et en m'habituant peu à peu à l'obscurité, je distinguai face à moi trois grosses boules blanches acculées contre la paroi, les griffes en avant et claquant du bec en poussant de petits cris : j'étais tombé dans un nid de grand-duc. J'essayai de me tirer de cette fâcheuse posture, quand une ombre vint se poser à côté de moi.

Diapo al tn5a

C'était un des parents qui me fixait de ses grands yeux en agitant ses petites oreilles. Je pensais qu'il allait me sauter dessus et s'attaquer à mes yeux, mais il n'en fit rien, me regarda pendant un moment qui me parut une éternité, puis disparut furtivement. Je sortis tant bien que mal de mon trou et m'éloignai le plus vite possible. J'avais dû m'assoupir un peu, car en me réveillant vers minuit, je fus saisi d'un sentiment étrange. Un nuage noir, surgi on ne savait d'où, cachait la lune et une grande obscurité avait envahi la vallée.

Soudain, une petite cloche sonna au sommet d'une tour, et une vaste lueur illumina les lieux : je me trouvai dans une grande salle, avec une magnifique voûte et ses arcs romans, supportés par des piliers éclairés par des torches et, sortant des ténèbres, je vis arriver un étrange cortège. Ouvrant la procession, venait un ménestrel avec sa harpe qui chantait sans qu'aucun son sortît de sa bouche, puis un berger, portant sur son dos un agneau qui essayait en vain de bêler, sans un son, puis venait un personnage richement vêtu de brocards et de soieries, sûrement le seigneur de Maupertuis, tenant par la main sa gente Dame, vêtue d'une robe longue toute chamarrée et d'une coiffe de dentelle, et derrière elle, tenant chacun à la main une torche, le prieur et cinq moines dans leurs belles aubes blanches toutes maculées de sang, la gorge déchirée, ils essayaient de chanter, mais aucun son ne sortait de leur bouche sinon quelques grondements gutturaux qui dormaient la chair de poule (le fameux chant des «Escanats»). Tout ce petit monde fît plusieurs fois le tour de la belle salle, indifférent à ma présence. J'aurais voulu les toucher, leur parler, mais j'étais comme paralysé, incapable de bouger aucun de mes membres.

J'étais bouleversé, avec le sentiment d'avoir assisté à un événement surnaturel, profané une cérémonie qui se déroulait depuis des siècles et à laquelle, pourtant, malgré toutes les légendes, personne n'avait jamais assisté.

La lumière s'estompa ; la grande salle et tous ces personnages étranges disparurent dans les profondeurs de la terre.

Le nuage qui avait caché la lune s'en alla comme par enchantement, et à nouveau la lueur du ciel inonda ce lieu étrange.

Diapo al tn5c

La lumière du jour et le bruit de la rivière me réveillèrent. J'étais toujours assis devant cette tour ronde, sans aucune trace autour de moi de que j'avais pu voir dans la nuit. Toujours ces éboulis, ces bouquets d'arbres et ces ronces, ces murailles et ces tours à moitié détruites. J'essayai de retrouver quelques indices, mais en vain. Plus la moindre trace de salle médiévale ni de cortège. Absolument tout avait disparu.

J'eus du mal à quitter cet endroit qui m'avait plongé dans le surnaturel et le Moyen Age, mais comme je commençais à avoir froid, à regret, je me mis en route vers le village et regagnai le monde civilisé.

Sur le chemin du retour, en repensant au spectacle auquel j'avais assisté en cette étrange nuit, me traversa l'esprit une pensée qui me hante depuis :

« ...et si j'avais rêvé... »

 

Jean Pautou
http://michele.daubian.perso.sfr.fr/montolie/tours-negres/legende-jean-Pautou.html

Photos ecole de Saissac - Année 1991

 

Photos ecole de Saissac - Années 1991

1991


 

 


Les 3 légendes du Cabardès - Les cloches des Tours Nègres

            LES CLOCHES DES TOURS NEGRES

 

Tours n gres 1 copie 1

                  L'hiver débutait durement ; depuis les premiers jours de

                  décembre, le verglas, le givre, le gel et la neige avaient

                  transformé la faille escarpée de la gorge de l'Alzau en une

                  splendide nef immaculée et aérienne, contournée et capricieuse.

                  Au fond d'un repli de la gorge, caché à toutes les vues,

                  s'était établi un petit prieuré, dont il ne resta que des

                  ruines, désignées aujourd’hui sous le nom de Tours Nègres de

                  Clary.

                  Elles doivent leur nom à la couleur sombre de leurs pierres

                  qui saillent à peine sur le coloris monotone de la gorge

                  obscure. D'un à-pic rocheux elles dominent le torrent

                  mugissant, comme une forteresse; dans ce site perdu, on est

                  captivé par la solitude effrayante de ces ruines.

                  L'opinion ne s'est pas faite encore sur leur histoire, mais

                  les gens du pays disent que ce fut jadis un prieuré ; et, de

                  fait, cela parait vraisemblable dans ce pays du Cabardès,

                  défriché à fond par les moines, truffé d'Abbayes, de

                  Chartreuses, de monastères, de Prieurés et d'Églises rurales

                  dans les endroits les plus reculés.

                  Ce Prieuré était une dépendance des moines de l'Abbaye voisine

                  de La Bastide, annexe elle-même probablement des Bénédictins

                  de Montolieu, qui avaient, choisi ce site désolé, si propre au

                  recueillement de l'esprit.

                  En cette fin d'année 15. ., les moines de la Bastide

                  s'apprêtaient, comme chaque année, à assister à la messe de

                  minuit dans la chapelle des Tours Nègres : ils trouvaient que

                  la majesté du lieu convenait à la solennité de la Fête de la

                  Nativité:

                  Aucune solitude, aucun désert, aucune autre gorge plus

                  effrayante encore, ou plus distante, ne pouvait mieux convenir

                  à l'état d'âme de ces hommes qui avaient fui la désolation du

                  monde pour chercher au sein de la Nature un peu de repos avant

                  d'atteindre l'éternité.

                  La France était déchirée de la façon la plus affreuse qui se

                  soit vue depuis la Guerre de Cent Ans ; du Tarn à l'Agout, du

                  Sor au Fresquel, de la Garonne à l'Aude, Calvinistes et

                  Catholiques s'égorgeaient ; des bandes de pillards ou

                  d'assassins prenaient parti pour l'un ou pour l'autre,

                  attaquaient les villages ; alors c'était l'agonie des

                  mourants, l'incendie des maisons, le massacre des enfants,

                  puis les pillards repartaient, avec un riche butin. Saissac

                  avait été attaqué mais avait pu repousser les assaillants,

                  grâce à la solidité de ses murs ; mais Cuxac, mal défendu,

                  avait été conquis de haute lutte.

                  Ce soir de Nativité, les moines, assemblés dans la petite

                  chapelle, plongés dans leur méditation, ne pouvaient détacher

                  leur esprit de la folie qui ravageait le monde. Ces hommes

                  simples et rudes, austères et naïfs, ces moines paysans dont

                  la foi était claire et pure, attendaient la mort dans la

                  sérénité de leur retraite : chaque jour, ils rendaient grâce à

                  Dieu des bienfaits qu'Il leur prodiguait, et qui éclataient

                  dans le miracle sans cesse renouvelé de la Terre nourricière.

                  Une tristesse infinie, une pitié indicible, une commisération

                  venaient en eux à l'évocation de l'affreux bouleversement du

                  monde. Ils priaient avec ferveur pour leurs Frères, pour cette

                  humanité souffrante, qui méconnaît la joie de vivre, qui se

                  déchire elle-même, se meurtrit dans la douleur, s'abaisse dans

                  le crime et le péché, s'abîme dans le sang et la boue.

                  Tout cela, cette affreuse soif de tuer et de souffrir leur

                  était incompréhensible ; ils la plaignaient, mais ne savaient

                  la ressentir.

                  Avec le soir, le vent glacé qui dévastait la plaine, dont le

                  rougeoiement des incendies n'arrivait seulement pas jusqu'aux

                  Tours Nègres, cachées dans un repli de rocher, venait de

                  s'abattre. Le silence régnait ; dans la chapelle chauffée,

                  tout n'était, loin du monde, que tiédeur, simplicité et calme.

                  La cloche venait d'égrener ses accents cristallins, appelant

                  les moines dispersés dans le prieuré. Quelques moines, occupés

                  aux cuisines ou à la garde ; les temps n'étaient pas sûrs : se

                  joignirent à leurs Frères avec la paisible tranquillité que

                  donne une longue habitude ; leurs voix, mâles et assurées

                  d'hommes rompus aux travaux de grand air s'élevaient et

                  emplissaient la nef.

                  L'officiant se prosternait devant l'autel. « In nomine Patris…

                  » Le sacristain lançait encore les cloches à toute volée,

                  n'ayant pas vu le prêtre commencer la cérémonie, et l'air

                  glacé amenait leur son cristallin jusqu'à Saissac, immobile

                  sous le givre...

                  Dehors, c'était la paix divine ; l'orée de ce jour où Jésus,

                  le Rédempteur, était venu, emplissait chacun d'espoir. Une

                  trêve se glissait dans tous les coeurs, et dans chaque foyer

                  on priait...

                  Mais, à ce même moment, un petit parti de Calvinistes qui

                  étaient partis de Cuxac à la poursuite d'un chevreuil, se

                  regroupait devant l'entrée du prieuré ; passant dans le ravin

                  de l'Alzau, la cloche cristalline les avait attirés ; amenés

                  par la curiosité, ils s'étaient approchés furtivement ;

                  l'odeur du repas destiné aux moines à l'issue de la messe de

                  minuit mit en appétit ces hommes affamés. S'insinuant par la

                  porte entr'ouverte, dont le gardien était à la messe, ils

                  contemplèrent les moines paisibles et prosternés...

                  « Allons-y les amis, et point de quartier....»

                  Avec un cri épouvantable, les Calvinistes firent irruption

                  dans la chapelle ; aussitôt le sang coula et gicla ; les

                  moines, désarmés et absorbés dans leurs prières, offraient

                  sans résistance leurs têtes aux masses et aux haches.

                  Le sacristain, un peu sourd, n'avait pas réalisé le meurtre et

                  sonnait vigoureusement les cloches ; un Calviniste

                  l'atteignit, lui sectionna le bras d'un coup de hache sur

                  l'épaule, la main resta accrochée à la corde, et le corps

                  tomba inanimé à terre.

                  Le prêtre, encore prosterné à l'autel, agonisait, la tête

                  fracassée.

                  Les Calvinistes, s'étant repu du festin destiné aux moines,

                  mirent le feu aux Tours Nègres après avoir dérobé les objets

                  de quelque valeur, et s'éloignèrent dans la nuit, éclairés par

                  l'incendie qui rougeoyait la neige vierge...

                  Depuis, le prieuré ne s'est pas relevé de ses ruines, qu'il

                  faut savoir découvrir dans le repli d'une gorge de l'Alzau,

                  sous un manteau de lierre, de ronces et de broussailles. Nul

                  ne vit dans ces lieux, dont les paysans s'écartent volontiers.

                  Une malédiction plane sur ces pierres dont on ignorera

                  toujours le secret.

                  Mais les gens du pays assurent que celui qui oserait se

                  risquer, une veille de Noël, à minuit, parmi les ruines,

                  verrait encore le bras levé du sacristain sonnant la cloche

                  une ultime fois, et en entendrait le son cristallin ; on dit

                  que les autres moines sont entrés dans la Paix du Seigneur,

                  mais que le sacristain, pour avoir négligé ce jour-là sa

                  communion journalière et s'être laissé absorbé plus que de

                  raison par les préparatifs du repas, agitera chaque année les

                  cloches à pareille heure, jusqu'à ce qu'il ait enfin reçu une

                  sépulture chrétienne. On prétend aussi que par temps glacé et

                  très clair on entend distinctement les cloches jusqu'à Saissac ;

                  alors, les chrétiens se signent, et prient pour cette âme si

                  tragiquement perdue, pour avoir méconnu qu'on doit être

                  toujours prêt à comparaître devant le Tribunal suprême...

 

 

Depuis Sept 2015,
retrouvez moi sur:

http://saissacdantan2.e-monsite.com/

c'est la suite !

11-blason-aude.jpg

Ce blog à pour but de faire perdurer notre mémoire, aussi,
si vous détectez une erreur, si vous souhaitez ajouter un commentaire, si vous possédez des documents pouvant paraitre ici, ...
n'hésitez pas,

contactez moi
fantin.erick@bbox.fr
ou écrivez votre commentaire directement sur le site.